Simon de Baene : l’honnêteté et le courage

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Simon de Baene, P-DG de GSOFT une société québécoise de génie logiciel, réputée grâce aux logiciels Sharegate and Officevibe), est un jeune trentenaire qui n’a connu que la réussite et cela très tôt, jugez-en ci-dessous

Simon De Baene

jusqu’au jour où …. il vous raconte lui-même la suite :

C’était le samedi 2 avril 2016 vers 11h30 AM, j’étais sur la scène de TEDx au HEC Montréal et j’ai vécu le pire cauchemar de toute ma vie.

J’ai échoué.

Croyez-moi, ce n’est pas une phrase facile à dire, surtout quand tu t’appelles Simon De Baene.

J’ai seulement 30 ans et je suis à la tête de l’une des organisations les plus solides au pays. Je suis parti d’absolument rien à 20 ans et je suis maintenant entouré d’une équipe exceptionnelle de 150 personnes qui ne cesse de s’agrandir chaque jour. J’ai la chance de travailler dans un environnement complètement fou. Je viens tout juste de célébrer avec mon équipe une croissance de 100% de nos revenus en moins de 12 mois. Je me fais souvent dire que je suis inspirant et que je fais une différence dans la vie des gens. Je reçois très souvent des compliments pour mes accomplissements. Les gens veulent me suivre dans mes folies, j’ai la tête remplie d’idées et je veux changer le monde. Bref, j’ai une vie de rêve et j’ai confiance en moi plus que jamais.

Quand tout va si bien, tu te sens invincible et l’échec c’est pour les autres. C’est là que ça devient dangereux.

Il y a quelques mois, j’ai reçu l’invitation pour être conférencier à l’événement TEDx et c’est avec énormément de fierté que j’ai accepté de relever le défi. Pour moi, c’était un rêve que j’allais vivre et j’étais vraiment excité à l’idée.

Je suis habitué de parler devant beaucoup de monde, la vision GSOFT sur le bonheur au travail n’a jamais été aussi claire, je suis extrêmement passionné de mon sujet qui touche tout le monde, les gens aiment mon style de présentation et j’ai même reçu la meilleure note lors de ma conférence précédente. J’avais tout pour réussir une performance mémorable. Like a walk in the park.

La préparation

TEDx, c’est 18 minutes maximum. Pas de souffleur. Support visuel optionnel.

Je suis quelqu’un qui parle du coeur, je préfère donc improviser et garder la ligne directrice grâce à un support visuel. Le risque en improvisant c’est de ne pas maximiser l’impact du message, car tu peux facilement oublier de mentionner des choses importantes, ce qui va à l’encontre d’un TED talk. J’ai donc choisi de ne pas improviser ma présentation, chose que je n’avais jamais fait avant. De plus, pour garder l’attention des gens sur mes mots, j’ai choisi de ne pas utiliser de support visuel.

J’ai pris un temps de fou pour écrire ma présentation. J’ai recommencé au moins 3 fois. Je voulais absolument maximiser l’impact de mon message sans entrer dans les détails. 18 minutes, ça passe très vite, il faut donc bien choisir ses mots. Une fois le texte complété, je l’ai validé avec plusieurs personnes et j’ai reçu de très bons commentaires.

Ensuite, je devais apprendre mon texte et le réciter sans donner l’impression que c’était du par coeur. Ce n’est vraiment pas évident, surtout quand tu es habitué de parler du coeur et non de la tête. J’ai numéroté les éléments importants et j’ai surligné les passages clés. J’ai répété, répété et répété pendant plusieurs jours. J’ai appris mon texte par coeur au point où je pouvais même plier du linge en même temps que de le dire. J’inversais des passages de temps en temps, mais c’était indétectable pour les autres.

J’étais enfin prêt. Like a walk in the park.

Le moment tant attendu

Vendredi soir, je suis allé à l’anniversaire d’un ami et je suis parti très tôt pour répéter un peu avant de me coucher. Samedi matin, je me suis levé en pleine forme plus motivé que jamais. J’étais un peu nerveux, mais c’était une bonne nervosité. Je me disais qu’une fois la journée terminée, j’allais pouvoir tourner la page sur un moment important de ma carrière.

Je me suis donc rendu au HEC vers 8h15 AM. Les conférenciers se réunissaient pour recevoir les instructions finales sur le déroulement. Ensuite, c’était l’attente interminable dans la salle des conférenciers. Je buvais de l’eau et je répétais mon texte sans arrêt. Je le maitrisais mieux que jamais et je commençais vraiment à avoir hâte de le partager.

C’était bientôt mon tour, il ne restait que 10 minutes d’attente. J’ai installé le microphone sur moi, j’ai révisé une dernière fois mon texte et j’ai fermé mon téléphone cellulaire. Mon coeur a commencé à battre un peu plus vite, juste assez pour donner un petit rush agréable

En chemin vers la scène, je me demandais c’était quoi le pire qui pourrait m’arriver ? Oublier une ou deux phrases ? Inverser des passages ? Que les gens ne rient pas de mes blagues ? Que le microphone arrête de fonctionner pendant un petit instant ? Rien de trop stressant.

Les animateurs ont donc appelé mon nom, je suis allé me placer au milieu du cercle rouge et j’ai commencé mon TED talk.

Tout allait bien pendant les 2 premières minutes jusqu’au moment où ma tête s’est complètement éteinte et je n’ai pas réussi à reprendre le contrôle de mes idées.

Si vous avez déjà écouté le film 8 Mile, c’était très similaire au passage où Eminem “choke » au début du film.

Je suis capable de voir venir bien des choses, mais je n’ai jamais vu venir cette gifle de la vie. J’étais complètement figé, la tête vide, en panique et le coeur qui voulait exploser. Sur cette scène, j’ai vécu le pire cauchemar de toute ma vie.

Moi, Simon De Baene, un gars plus confiant que jamais aux ambitions démesurées, j’étais totalement vulnérable et en détresse devant près de 200 personnes.

J’ai eu la chance d’avoir une foule exceptionnelle qui m’a grandement aidé à traverser cette épreuve. Les gens ont simplement applaudi pour m’encourager et me dire “fais-toi s’en pas, ce n’est pas grave”. Il y a même une demoiselle, que j’espère rencontrer un jour pour la remercier, qui a soudainement pris la parole pour dire à quel point GSOFT est une entreprise exceptionnelle. Au final, ma présentation s’est transformé en Q&A sur GSOFT.

Les 18 minutes les plus douloureuses de ma vie.

Ma réflexion

Suite à ma présentation, je me suis sauvé et je suis allé m’isoler chez moi. Depuis samedi, je revis sans arrêt les événements dans ma tête, je me questionne et j’ai encore beaucoup de difficulté à l’accepter. Il n’y a pas grand chose pour se préparer à une telle épreuve. C’est extrêmement traumatisant, surtout quand tu as la confiance dans le tapis comme moi. Disons que j’ai vécu bien des émotions depuis samedi : la honte, l’humiliation, la colère, la tristesse, la peur, le rejet, l’embarras et la culpabilité. Je suis supposé être le porteur de la vision GSOFT, les gens comptent sur moi pour l’évangéliser et j’ai vraiment le sentiment d’avoir laissé tomber mon équipe. Je sens que les gens ont des attentes énormes envers moi et je veux tout, sauf les décevoir.

Malgré tout, je le sais que je vais sortir grandi de cette expérience. Je retire déjà quelques leçons que je tiens à partager avec vous :

  1. Je ne vais plus jamais apprendre un texte par coeur. Je suis un authentique et les gens m’écoutent encore plus quand je parle du fond de mon coeur.
  2. Personne n’est à l’abri du pire dans la vie et c’est très important de toujours être prêt à l’affronter.
  3. C’est inutile de se mettre trop de pression. Juste à cause de l’emblème TEDx, je me suis mis un poids énorme sur les épaules.
  4. Nos échecs sont moins pires que nous le pensons. C’est important de prendre du recul.
  5. Tu peux crier le plus fort que tu peux, ça ne changera rien. Ça fait du bien sur le moment, mais faut se relever et affronter les obstacles.
  6. J’aime le Scotch et l’émission Série Noire. Un mix idéal pour se changer les idées.

Une chose est certaine, il n’y a plus grand chose qui me fait peur devant une foule. Je me dis que c’est sans doute l’expérience que je devais vivre avant de participer à de très grosses conférences. Amenez-en.

Mes excuses

Donc, pour tous les gens qui me demandent depuis samedi si ma conférence a bien été, vous avez maintenant votre réponse : non, pas du tout. Je tiens à m’excuser auprès des organisateurs TEDx, aux personnes présentes dans la salle, à ceux qui me suivent, à mes employés, à mes amis et à ma famille. Continuez de croire en moi et vous allez voir que je ne vais pas vous décevoir trop souvent.

Même si je n’ai pas réussi à livrer ma présentation, je vous invite tout de même à la lire ICI.

Ce qui me réconforte le plus dans tout ça, c’est de savoir que pour le peu que j’ai réussi à livrer, j’ai déjà reçu des témoignages de gens présents pour qui le message a résonné dans leur tête. Si j’ai eu de l’impact avec si peu, alors le message est bon et je suis plus motivé que jamais à le crier encore plus fort.

Ce n’est pas un billet facile à écrire et publier, mais c’est une façon pour moi de tourner la page. Malgré tout mon succès, j’ai frappé l’échec et je tenais à partager mon expérience avec vous.

Simon

« Our Greatest Glory Is Not in Never Falling, But in Rising Every Time We Fall. » – Nelson Mandela

Simon de Baene : l’honnêteté et le courage

N »est pas de l’advertance pure ?

  • tirer des enseignements de ses échecs
  • voir et prendre sa part de responsabilité et non rejeter la faute sur d’hypothétiques coupables
  • être transparent et oser se montrer même dans des circonstances non favorables

Si vous lisez l’article à sa source sur Linkedin , vous pourrez lire les commentaires qui sont tous élogieux et pleins de compréhension.

Je retiens le témoignage d’Emie Ratté, designer Web chez GSOFT, qui travaille donc avec lui tous les jours  : « Cet article est la preuve de ce qui fait que tu es un modèle et une personne qu’on suivrait n’importe où. Continue d’être aussi humble et d’être ce que tu es ! »

Vous avez trouvé cet article intéressant ? je vous remercie de le commenter et/ou de le partager sur vos réseaux sociaux
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À propos de Armelle Cadiou

Formatrice, Consultante et Coach je dispense des formations en entreprise, voir le site www.egea-formation.eu.
Mes thèmes favoris sont la communication assertive, le management et le commercial.

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