Semences gratuites = droit inaliénable

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Qu’est-ce qu’une semence ?
En agriculture, une semence est une graine sélectionnée pour être semée.

A quoi servent / servaient les semences ?
A obtenir des plantes pour l’année suivante sans avoir à les racheter.
Les jardiniers sont très friands de semences et adorent les échanger ainsi que des graines, des boutures … pour embellir leur jardin.
Sur le site Graines et Plantes, il existe ainsi une bourse d’échanges gratuits de graines et plantes entre personnes : fleurs, légumes, plantes d’intérieurs, cactus, arbustes… ou tout autre végétal.

Ce système, vieux comme le monde, a permis aux voyageurs de ramener des espèces du bout du monde.


Dans le monde du vivant, la règle est la gratuité.

Si nous abordons le domaine des céréales, rares sont les gens qui cultivent eux-mêmes leurs semences, car les céréaliers travaillent sur de gros volumes. Prenons l’exemple du blé.

Après sa récolte, le champ est retourné, « déchaumé », pour retirer le chaume qui est la partie de la tige du blé (ou d’une autre céréale), qui reste dans le champ après la moisson. Ainsi, les graines du blé – mais également celle des mauvaises herbes – vont germer en terre. Quelque temps plus tard, lorsque les plantes commencent à pousser, le champ est alors à nouveau labouré, retourné pour faire mourir les plantes qui ont poussé. Cette action peut être répétée plusieurs fois pour assainir la terre, d’autant qu’une terre bien travaillée donnera de meilleurs rendements.
Arrive alors la période du semis, qui s’effectue soit à partir de ses propres semences comme Alain Pommart, soit avec des semences achetées, qui vont être de deux types :
– « conventionnelles » elle pourront être utilisées l’année d’après pour le semis
– « hybrides » elles ne sont plus réutilisables car issues d’un croisement qui favorise un rendement supérieur et/ou est traité contre les maladies, ce qui les rend stériles.
De toutes manières, dans les deux cas, ces semences sont traitées pour ne pas être mangées par les insectes.

A l’heure actuelle, les allergies au blé s’accroissent, mais quand nous disons blé, de quel blé parlons-nous ?
Je cite Alain Pommart sur le site Satoriz.fr, le bio pour tous :

Le blé apparaît comme étant un aliment qui a été particulièrement trafiqué…

On mange un système, pas du blé : toutes sortes de manipulations ont permis de réduire la taille des tiges, pour que le blé ne se couche pas sous le vent et soit plus facile à moissonner. Le blé n’a plus de feuilles, qui prennent une place inutile dans les champs… On a fait en sorte qu’il donne plus de grain, et que ce grain donne plus de farine que de son… Lorsqu’un agriculteur, par son travail conscient, permet à la force originelle du blé de revenir et que celui-ci perd ces caractéristiques artificielles, les spécialistes disent qu’il « dégénère » ! Pour moi, c’est le contraire, il se régénère ! Le blé est un aliment ancestral qui a une mémoire, il retourne à ses origines, il se retrouve, il évolue sainement dans le temps.

Les protéines du blé ont-elles changé avec ces mutations ?

On les recherche parce qu’elles donnent de la tenue au pain. On peut déjà constater qu’avec des variétés de blé récentes et une semence peu travaillée, la pâte à pain n’a pas beaucoup de tenue. Avec des variétés anciennes comme le Florence Aurore, le Rouge de Bordeaux ou le Probius que je cultive, c’est beaucoup plus régulier. C’est en partie dû au fait que les blés d’aujourd’hui ont été sélectionnés avec l’idée qu’on les fera pousser grâce à de l’azote minéral et non pas organique, ce qui modifie les glutens. Mais plus globalement, il ne faut pas oublier que les allergies concernent avant tout des aliments « mère » : la farine, le lait… ce qui est blanc. Le blanc n’a-t-il pas été sali ? Il me semble normal que les réactions d’allergie commencent avec ces aliments-là.

Aujourd’hui, l’Union européenne fait un pas supplémentaire en faveur des grands producteurs et contre les petits agriculteurs.

Il faut tout d’abord savoir que l’Union Européenne est touchée par « l’accaparement des terres ». En effet, un rapport du réseau Coordination européenne Via Campesina et Hands off the Land publié mercredi 17 avril dévoile le « scandale tenu secret », à savoir que seulement 3% des propriétaires terriens contrôlent la moitié des terres cultivables européennes. Le rapport révèle que les subventions versées dans le cadre de la politique agricole commune (PAC) « favorisent les grandes exploitations, marginalisent les petites fermes et bloquent l’installation d’agriculteurs potentiels ».

Sur le site de La France Agricole, qui évoque le rapport, il est précisé :
« La terre est saisie à travers l’Europe pour de multiples raisons, énumère le rapport : « la production de matières premières pour l’industrie alimentaire dominée par les sociétés transnationales, les industries extractives, les bioénergies », ou encore l’installation de fermes solaires, l’étalement urbain, etc.

En France, « chaque année, plus de 60.000 hectares de terres agricoles sont perdues pour faire place à des routes, des supermarchés, à l’étalement urbain ou aux parcs de loisirs ». Souvent des cas isolés et de petite envergure, selon les auteurs du rapport, « mais ils s’additionnent » pour « empiéter sur les terres agricoles les plus fertiles et productives.

Et ce sont les jeunes qui souhaitent s’installer qui en pâtissent le plus, regrettent Via Campesina et l’institut transnational. « La structure des programmes de subventions de la Pac et les politiques nationales d’accompagnement ne contribuent pas vraiment à [leur] entrée dans l’agriculture », constatent ces organisations.»

Et, manifestement, la terre n’appartient plus aux gens du pays. Alors que le discours officiel et la demande des consommateurs réclament de la « production locale », la mondialisation est à l’œuvre. La Chine doit nourrir ces 1 400 000 000 habitants et les subventions accordées par l’Union Européenne et payées par les Européens alimentent les investisseurs hors de la zone euro :
« Les petits agriculteurs locaux sont exclus du commerce des terres agricoles à la faveur d’une augmentation, ces dix dernières années, des acquisitions par « des sociétés chinoises, des fonds souverains et des fonds de pension du Moyen-Orient, aussi bien que par des oligarques russes et les géants de l’agroalimentaire », tous attirés par les subventions élevées offertes par l’UE. Les auteurs du rapport ciblent bien évidemment les aides qui leur sont attribuées via la politique agricole commune.

Le rapport constate que la moitié des terres agricoles de l’UE est désormais concentrée dans les 3 % des grandes exploitations de plus de 100 hectares. En outre, dans certains pays membres, la propriété agricole est aussi inégalement répartie qu’au Brésil, en Colombie ou aux Philippines, déplore le rapport.

Selon lui, les entreprises chinoises se sont implantées à grande échelle en Bulgarie et les sociétés moyen-orientales sont des producteurs majeurs en Roumanie.

Et en ce début juin 23013, comme je vous le disais plus haut, l’Union Européenne franchit un pas supplémentaire en décidant que les agriculteurs seront obligés d’acheter des semences ou alors de payer une taxe !
Voici « La privatisationon des semences est scandaleuse : article de Hervé le Quéré sur 7seih.info
« Le Parti Breton s’insurge contre la décision de la commission européenne adopté le 6 mai dernier qui vise à contrôler le commerce des semences fermières en leur octroyant un Certificat d’Obtention Végétale (COV). Si le Parlement et le Conseil adoptent cette directive, cela aurait pour conséquence de remettre en cause le Droit inaliénable des agriculteurs et jardiniers à produire leurs propres semences.

Depuis plus de 10 000 ans en effet, ce sont les paysans qui, par une sélection massale continuelle, ont adapté espèces et variétés à leur propre territoire en assurant ainsi une adaptation parfaite à leurs besoins alimentaires et aux conditions pédoclimatiques de leurs terroirs. Ces ‘’variétés de pays’’ qui participaient à notre richesse biologique et à la nécessaire biodiversité, sont maintenant considérées comme des ‘’variétés hétérogènes’’ dangereuses et donc à réglementer !

L’Union Européenne est sous l’influence des Etats mais aussi des lobbies puissants. Si cette directive est mise en œuvre, les firmes semencières et biochimiques déposeront des brevets et autres COV afin de s’approprier cette richesse génétique. Cette privatisation d’un bien collectif et séculaire est inacceptable et scandaleux ! Comme aux USA (avec la firme Monsanto) les agriculteurs ou les jardiniers souhaitant produire leurs semences, seraient poursuivis en justice pour détournement d’un bien ne leur appartenant plus !

Cette expropriation est illégitime et digne des pays de non-Droit ! Les dérives bureaucratiques, la réduction des libertés fondamentales et la cupidité des sphères politiques et économiques qui ruinent la France sont également à l’œuvre en Europe. Au delà de l’aspect scandaleux de cette réglementation, l’aveuglement de nos dirigeants et le rejet de plus en plus fort de la classe politique et bureaucratique française et européenne, nous conduisent tout droit vers des dérives populistes dont on ne mesure pas encore la violence.

L’aggravation de la santé financière de nos agriculteurs, les perspectives moroses et l’augmentation inquiétante du chômage déstabilisent notre société et font le lit des extrémistes. Le Parti Breton demande instamment à Dacian Ciolos, Commissaire européen pour l’agriculture mais aussi au Parlement et au Conseil Européen de faire preuve de lucidité politique en refusant ce hold-up sur les semences. Le Parti Breton milite pour la démocratie, le respect de nos Droits spécifiques et l’autodétermination des Bretons, il milite aussi pour une Europe plus juste et respectueuse des droits imprescriptibles des paysans et des peuples à disposer d’eux-mêmes. »

Le Réseau AMAP Ile de France se fait lui aussi l’écho de cette décision dans le numéro 16 « Sous les pavés la terre » du Réseau AMAP Ile de France

« RESSEMER SA PROPRE RECOLE, INTERDIT OU TAXE
L’usage libre et gratuit des graines ne sera bientôt qu’un souvenir à l’image des œuvres picturales ou littéraires relatant «le geste auguste du semeur» Millet – Van Gogh – Victor Hugo – Mat 13,1-23.
Les graines étaient jusqu’alors sélectionnées par les agriculteurs au sein de leur propres récoltes et replantées l’année suivante. Depuis quelques années les semences sont protégées par un certificat d’obtention végétale (COV) qui concrétise le droit de propriété des «obtenteurs» de l’espèce; ceci pour financer l’effort de recherche sur la génétique, afin que ces semences continuent d’être améliorées !
La France tolérait cette pratique ancestrale qui est devenue strictement réglementée du fait de la transposition d’un règlement européen de 1994.
En sont exemptés les petits agriculteurs.
Les associations écologistes et paysannes craignent une mainmise sur la filière semencière et l’accès aux graines. La taxe serait due par les agriculteurs qui s’abstiendraient d’utiliser des semences commerciales, réduisant ainsi l’attrait des semences dites «de ferme».
L’impact sur la diversité agricole est à redouter.
Le système français semble rester plus tolérant que le système des USA concernant les variétés OGM. Nous sommes résolument
dans un système de «brevet sur le vivant», et en premier lieu sur les plantes
Michel Moreau, administrateur du réseau AMAP-IdF

Pour mémoire, notre article sur la consultation biaisée de l’Union Européenne sur les produits bios : Consultation européenne sur les OGM et l’agriculture bio

Nous allons devoir redoubler d’advertance pour conserver ce droit inaliénable : produire le vivant sans redevance.

Et pour cela, quelques sites où acheter vos semences bio :

Biaugerme
Groupe de 19 agriculteurs et agricultrices fondé il y a plus de 30 ans, sur les coteaux de l’Agenais et spécialisé dans la multiplication de semences biologiques potagères, florales et aromatiques.
Soucieux de conserver la biodiversité cultivée, vivante, nous avons choisi de produire des graines de variétés anciennes, qui vous donneront des légumes goûteux, fins et rustiques. Pour certaines de ces variétés nous sommes mainteneurs officiels et donc garants de leurs caractéristiques. Leur diffusion au plus grand nombre d’entre vous permet d’assurer leur sauvegarde.

Essembio
Depuis 14 ans, Essem’Bio propose aux professionnels et jardiniers une gamme de semences potagères, condimentaires et florales produite exclusivement selon les règles de l’agriculture biologique. Une grande partie de celle-ci est produite sous label Demeter.

Kokopelli
Pour la libération de la semence et de l’humus

Germinance http://www.germinance.com/
Grâce à un réseau d’une cinquantaine de producteurs de semences biologiques, dont la moitié pratiquent la biodynamie et sont certifiés Demeter, GERMINANCE propose des semences potagères biologiques, des semences d’engrais verts, de plantes fourragères, de plantes aromatiques et médicinales ainsi que de fleurs.

Réseau Semences Paysannes
Le Réseau Semences Paysannes est un réseau constitué de plus de soixante-dix organisations, toutes impliquées dans des initiatives de promotion et de défense de la biodiversité cultivée et des savoir-faire associés.

Outre la coordination et la consolidation des initiatives locales, le Réseau Semences Paysannes travaille à la promotion de modes de gestion collectifs et de protection des semences paysannes, ainsi qu’à la reconnaissance scientifique et juridique des pratiques paysannes de production et d’échange de semences et de plants.

Produire ses graines bio: légumes, fleurs et aromatiques – Christian Boué

Voilà, il ne vous reste plus qu’à agir avec advertance :
– être vigilant(e) pour signer toute pétition concernant ces sujets
– acheter vos articles chez des producteurs travaillant encore dans les règles de l’art dans le but de promouvoir la vie.

Un dernier article pour la route, celui de CNRS « les recettes pour nourrir la planète » qui a le mérite de reconnaître les torts de l’agriculture intensive,
« La révolution verte et la politique agricole qui l’a accompagnée ont provoqué non seulement des inégalités criantes entre les pays riches et les pays pauvres (lire chapitre précédent) mais aussi des dégâts environnementaux considérables. De fait, 1,9 milliard d’hectares et 2,6 milliards de personnes sont désormais affectés par la dégradation de l’environnement. L’agriculture moderne est l’une des principales causes d’épuisement des eaux, d’appauvrissement des sols et de pollution chimique. L’usage intensif d’engrais a entraîné l’eutrophisation2 de rivières, de lacs et de côtes, comme dans le golfe du Mexique. Les pesticides sont à l’origine de contaminations de la nappe phréatique et d’atteintes à la biodiversité. Et 30 % des émissions de gaz à effet de serre – méthane et protoxyde d’azote en tête – sont imputables à l’agriculture »
et de se diriger vers « une agriculture écologique et intensive »
« C’est pourquoi un nombre croissant de scientifiques prônent une nouvelle agriculture, « écologiquement intensive ». « L’intensification écologique consiste à augmenter les rendements de manière naturelle en utilisant au maximum les fonctionnalités écologiques et biologiques des écosystèmes, explique Michel Griffon, l’un des grands promoteurs du concept né en Californie. C’est l’exact opposé du “forçage”, c’est-à-dire le fait d’augmenter les rendements par des apports artificiels et importants de produits extérieurs à l’écosystème local, comme les engrais chimiques. »

Un début d’advertance pour tous ces experts ???

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A propos Armelle Cadiou

Formatrice, Consultante et Coach je dispense des formations en entreprise, voir le site www.egea-formation.eu. Mes thèmes favoris sont la communication assertive, le management et le commercial.
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