Racoler par des titres faux est-il vraiment digne d’un(e) journaliste ?

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Tout journaliste rêve de voir sa prose lue.
Peut-être même de convaincre et de susciter des débats.

Ce désir oblige-t-il les journalistes à écrire n’importe quoi ?
Se rendent-ils compte qu’ils se discréditent (eux-mêmes et leur journal) et qu’ils donnent envie de les fuir ?
Car je n’ose croire qu’ils ne comprennent rien à ce qu’ils écrivent.

J’ai lu récemment deux exemples à la limite de la caricature :

« Manger 5 fruits et légumes par jour » : ça fait grossir !
Bigre, le titre donne envie d’aller voir et que lisez-vous ?

Le célèbre slogan « Manger 5 fruits et légumes par jour » ne serait pas à suivre au pied de la lettre ! Selon Carolina Werle et Caroline Cuny de l’Ecole de Management de Grenoble, il favoriserait le surpoids.
Les chercheuses ont suivi 130 personnes pour leur étude. Ces dernières ont été exposées à des publicités présentant des aliments gras et sucrés, accompagnées ou non de la recommandation des 5 fruits et légumes. Elles devaient ensuite choisir entre une glace ou un sachet de fruits. Au final, celles ayant vu le message sanitaire optaient plutôt pour la glace que pour les fruits. Pourquoi ? Selon les chercheuses, « en associant des messages sanitaires à des produits alimentaires hédoniques (glaces, hamburgers…), les individus perçoivent ces informations comme une solution potentielle à la prise de poids. Si je fais ce que le message indique, implicitement je m’octroie le droit de manger plus sucré ou plus gras. Cela a pour effet de les déculpabiliser au lieu de les inciter à manger sainement ». Elles recommandent ainsi la diffusion des messages sanitaires en dehors des publicités alimentaires.

Aucun rapport, la recherche porte sur l’incidence des publicités sur nos réactions alimentaires …. et non pas sur le surpoids occasionné par l’absorption quotidienne de 5 fruits et légumes.

Autre exemple

Femme à chat, femme à tracas ? Celles qui ont un matou à la maison ont une propension au suicide… Vade retro, Mistigri !

Voilà une information totalement nouvelle et importante, vu le nombre de gens qui possèdent un chat.
Quoi cette vague de suicides vous aurait échappé ?
Vous vous précipitez sur l’article, pour découvrir une non information, qui plus est déformée :

Ils chassent les souris, nous tiennent compagnie, ronronnent sur nos genoux et sont même prêts à nous laisser un coin d’oreiller pour quelques croquettes… « Trop mignons, les minous », dites-vous, la bouche en cœur et des poils partout sur votre gilet ? Les vertus apaisantes, relaxantes, voire thérapeutiques des félins sont aujourd’hui remises en cause par une étude danoise. Sachez, chères propriétaires d’angoras, de gouttières ou de siamois, que les femmes qui ont des chats se suicident davantage…
Litière et psychiatrie
Le responsable est le Toxoplasma gondii, un parasite que l’on attrape au contact des excréments des félidés (mais aussi en mangeant de la viande pas assez cuite et des légumes non lavés).
Environ un tiers de la population mondiale est atteinte (80 % en France) par le parasite en question « qui se loge dans les cellules du cerveau et les muscles, souvent sans produire le moindre symptôme ». La toxoplasmose est la plupart du temps bénigne (sauf pour les femmes enceintes séronégatives), mais chez les personnes dont les défenses immunitaires sont affaiblies, l’infection peut entraîner des lésions, des troubles du comportement, et des maladies mentales comme la schizophrénie.
Nouveauté
Le travail des chercheurs, mené auprès 45 000 femmes, montre que les femmes atteintes de toxoplamose ont 150% de risque supplémentaire de mettre fin à leurs jours. Teodor Postolache, professeur de Psychiatrie associé à l’Université de Médecine du Maryland, et co-auteur de l’étude citée par le Telegraph, explique « Nous ne pouvons pas dire avec une certitude absolue que le T. gondii provoque la pulsion de mort, mais nous avons trouvé une association prédictive entre l’infection et le passage à l’acte qui nous pousse à continuer nos recherches dans ce sens ».
Retomber sur ses pattes
Bref, minet squatte le canapé, regarde avec vous la télé et vous épargne le cafard du dimanche soir… mais il vous fait tourner en bourrique, vous refile ses miasmes et vous pousse à commettre l’irréparable. A bon chat, bon rat : vous ne vous laisserez plus avoir !

Le chat n’est pas plus responsable que la salade mal lavée ou la viande crue pour attraper le Toxoplasma gondii. C’est le Toxoplasma gondii seul qui serait éventuellement responsable d’un éventuel risque supplémentaire de mettre fin à leurs jours chez les personnes atteintes de toxoplasmose !

Tout cela manque terriblement d’advertance.

Alors pour tous les amoureux des chats et pour rétablir la vérité, voici un article paru sur Psychologies, attestant le bien-être psychologique apporté par nos amies les bêtes, et dans ce cas précis le chat : Le chat, un thérapeute au poil !

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A propos Armelle Cadiou

Formatrice, Consultante et Coach je dispense des formations en entreprise, voir le site www.egea-formation.eu. Mes thèmes favoris sont la communication assertive, le management et le commercial.
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