Pour ou contre le filtrage automatique de la publicité ?

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Free a mis en place sur sa Freebox un filtrage automatique de la publicité, filtrage que l’utilisateur peut désactiver s’il le souhaite. Ce filtrage activé au départ laisse donc au spectateur toute sa liberté de voir la pub s’il le désire. S’il le désire, c’est cette phrase qui est importante, car c’est elle qui redonne son libre-arbitre au spectateur.

Curieusement, alors que le fait d’imposer des écrans de pub ne gêne personne, là il y a une levée d’interrogations.

Voir, par exemple, les articles du Figaro, de Liberation

Je tombe sur un sondage organisé par 01.net sur l’intérêt de cette mesure.

« Depuis hier, jeudi 3 janvier 2013, une nouvelle secoue le monde d’Internet. La dernière mise à jour logicielle de la Freebox met en place un filtrage automatique de la publicité sur le Web. Ce filtrage peut toutefois être désactivé. Selon vous, l’opérateur a-t-il eu une bonne idée ? Dites-le nous en répondant à ce sondage ! »

Au moment où je regarde, voici les réponses

Ce qui est intéressant à observer c’est que cela devrait être le modèle.

Or il semblerait que pour tout le monde, le modèle doit être l’inverse (???) selon Fleur Pellerin
Si Fleur Pellerin, ministre de l’Economie numérique se déclare sur Twitter «peu fan de pub intrusive», elle souhaite que cette fonctionnalité reste une option à activer volontairement et qu’elle ne soit donc pas installée par défaut. Elle a annoncé qu’elle recevrait le plus tôt possible les éditeurs et Free pour rechercher une solution. Selon son entourage, la rencontre aurait lieu lundi.

Si l’on veut l’inverse, c’est bien que l’on sait que de nombreuses personnes, par inadvertance ou par paresse ou par manque de savoir que la possibilité de ne pas subir la publicité existe, conserveront les paramètres installés d’office : écrans de publicité diffusés.

La télévision a mis à notre disposition des modèles soi-disant gratuits, puisque hormis l’achat du poste et la redevance, les émissions sont disponibles sans bourse délier sur toute la journée si nous le souhaitons. Cela est devenu normal de disposer de contenus « gratuits » comme nous l’entendions, sans bien réfléchir aux implications de la publicité.

On se sent libre, puisque on peut s’absenter. Les statistiques montrent que les chasses d’eau fonctionnent à plein régime lors des coupures pub : « Une augmentation de chasses d’eau tirées coincide avec des évènements télévisuels majeurs tels que la cérémonie des Oscars, lorsque tout le monde va aux toilettes pendant les pauses publicitaires ou à la fin du spectacle.  »

Puis Internet est arrivé avec son modèle économique de tout à disposition gratuitement … et ses limites également, car un dicton dit bien « toute peine mérite salaire » et tout être humain doit se loger, se vêtir, se sustenter … et la pub est arrivée sur Internet. Son avantage c’est que, dans de nombreux cas, on peut l’arrêter.

Je n’ai a priori rien contre la pub qui peut-être drôle, informative et source de créativité. Mais, j’ai tout contre des publicités qui apportent une seule et même image du monde, factice et normative en tirant les gens vers l’avoir pour exister.

Et là se posent les véritables questions :
– pourquoi acceptons-nous d’être obligés de regarder des inepties ?
– prenons-nous véritablement conscience de l’incidence de la publicité sur nos comportements ?
– prenons-nous le temps de décortiquer et d’expliquer les messages publicitaires à nos enfants ?
– sommes-nous conscients de l’impact de ces messages sur la société civile et comment ils influencent sur le long terme à force de répétition ?

tout cela pour N’AVOIR RIEN A DEBOURSER ?
Le prix est cher à payer, non ?

Nous sommes d’accord, que cette stratégie vise certainement Google et ses revenus et que, d’autre part, de nombreux sites Internet ne vivent que par la publicité, mais souvenez-vous de la déclaration de Patrick Le Lay qui avait fait grand bruit à l’époque (malheureusement TF1 n’est pas la seule concernée).

 » Il y a beaucoup de façons de parler de la télévision. Mais dans une perspective ”business”, soyons réaliste : à la base, le métier de TF1, c’est d’aider Coca-Cola, par exemple, à vendre son produit (…).

Or pour qu’un message publicitaire soit perçu, il faut que le cerveau du téléspectateur soit disponible. Nos émissions ont pour vocation de le rendre disponible : c’est-à-dire de le divertir, de le détendre pour le préparer entre deux messages. Ce que nous vendons à Coca-Cola, c’est du temps de cerveau humain disponible (…).

Sommes-nous prêts à renoncer à tout avoir à disposition et à payer pour des chaînes et/ou des émissions de qualité qui nous intéressent sans aucune intervention ?

et si non, quel est/sera le tribut à payer pour nous laisser envahir par les influences ?

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A propos Armelle Cadiou

Formatrice, Consultante et Coach je dispense des formations en entreprise, voir le site www.egea-formation.eu. Mes thèmes favoris sont la communication assertive, le management et le commercial.
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1 réponse à Pour ou contre le filtrage automatique de la publicité ?

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