L’interstitium nouvel organe ou pas nouvel organe

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L’interstitium, quésaco ?

Sur Futura Sciences, un article écrit par Marie-Céline Ray, vient de paraître sur l’interstitium.

Vous n’en avez jamais entendu parler car ce sont des chercheurs américains qui lui ont donné ce nom. Voici l’article

« L’instersitium serait constitué de l’ensemble des tissus interstitiels, entre les organes. L’annonce n’est pas que sémantique : une nouvelle méthode d’observation, chez des patients humains, a montré qu’il réunit de multiples cavités paraissant interconnectées et abritant des structures similaires. Organe ou pas, l’interstitium joue un rôle dans la propagation des cancers dans l’organisme.

L’espace interstitiel, situé entre les tissus, autour des organes, est un compartiment de fluide particulièrement important dans l’organisme car il est à l’origine de la lymphe. Dans une nouvelle étude parue dans la revue Scientific Reports, des chercheurs américains proposent que cette structure forme un nouvel organe, qui serait même le plus grand de l’organisme : l’interstitium.

Le saviez-vous ?

La lymphe transporte des cellules immunitaires, les lymphocytes.

Au départ, deux des auteurs de l’étude ont observé par une méthode d’endomicroscopie des structures inhabituelles formées de cavités interconnectée dans le conduit biliaire d’un patient. Mais avec les méthodes traditionnelles de microscopie, après fixation d’un échantillon provenant d’une biopsie, la structure observée disparaissait.

Pour en savoir plus, les chercheurs ont étudié les échantillons provenant d’une douzaine de malades qui avaient subi une opération chirurgicale visant à retirer les voies biliaires. Les patients ont reçu une injection intraveineuse d’une solution contenant un liquide fluorescent, la fluorescéine. Dès que les conduits biliaires ont été retirés, ils ont été observés par endomicroscopie confocale par laser, une technique d’imagerie qui permet d’examiner des tissus vivants. Puis les échantillons ont été rapidement congelés de façon à conserver les structures intactes.

Grâce à cette méthode, les scientifiques ont pu voir où les fluides s’accumulaient, dans l’espace interstitiel. Les couches de tissus emplies de fluides étaient retrouvées ailleurs dans le corps, avec des structures comparables : sous la peau, autour du système digestif ou urinaire, autour des poumons, des faisceaux musculaires, des artères … Habituellement, en utilisant les méthodes traditionnelles de microscopie, ces structures sont déshydratées et apparaissent denses. Ces espaces interconnectés sont soutenus par un réseau de collagène et d’élastine, des protéines qui servent à absorber les chocs.

L'interstitium, ici sous une muqueuse (mucosa), comprend des compartiments
 interconnectés, emplis de liquide, soutenus par un réseau de protéines (collagen).
Des cellules tapissent les espaces. © Jill Gregory, Scientific Reports 

Un espace prélymphatique où transitent des cellules cancéreuses

Les auteurs proposent le concept d’interstitium pour décrire ces structures définies comme étant un même organe. L’interstitium deviendrait alors le plus massif, détrônant la peau et ses 3 à 4 kg. En volume, l’interstitium représenterait dix litres chez un adulte, explique Neil Theise, co-auteur, à CNN. Dans l’article scientifique, les auteurs suggèrent que cet ensemble interconnecté, « plutôt que de denses murailles de collagène, est un ensemble d’espaces interstitiels emplis de fluides ».

Mais d’autres spécialistes ne sont pas d’accord pour considérer l’interstitium comme un organe à part entière, comme Michael Nathanson, professeur de médecine à Yale. Pour lui, l’interstitium est plutôt un composant commun à différents organes, ce qui ne suffit pas à le définir comme un organe. Sur CNN, il fait une comparaison avec les vaisseaux sanguins pour appuyer son argumentaire : les vaisseaux sanguins « sont dans tous les organes, mais ils ne sont pas eux-mêmes un organe ».

Le mésentère, ce nouvel organe du corps humain

Au-delà du débat sur la définition de cet « organe », cette structure est particulièrement intéressante pour l’étude de pathologies comme le cancer. Les auteurs considèrent l’espace interstitiel rempli de fluides comme pré-lymphatique, car il draine du liquide vers le système lymphatique. Or ces espaces pré-lymphatiques peuvent jouer un rôle dans la propagation des cellules cancéreuses dans l’organisme lors des métastases. Pour les auteurs, l’analyse du liquide interstitiel pourrait donc servir d’outil de diagnostic.

Ce qu’il faut retenir

  • L’espace interstitiel contient du liquide qui sert à la formation de la lymphe.
  • Des chercheurs ont observé dans l’espace interstitiel des cavités interconnectées grâce à une technique d’imagerie particulière.
  • Le nouvel organe constitué de ces cavités remplies de fluide a été appelé interstitium.
  • Lors de métastases, les cellules cancéreuses peuvent passer dans cet espace.

Cela devrait donner de vraies pistes pour éviter ce qui reste un véritable défi pour soigner le cancer, et comment éviter sa résurgence dans d’autre organes , car c’est ce qui se passe actuellement.

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À propos de Armelle Cadiou

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