Le bien du pharmacien ou le bien du client ?

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Vous trouverez ci-dessous le texte d’une dépêche de l’AFP (Agence Française de Presse) concernant l’automédication.

PARIS (AFP) © 2012 AFP

Le secteur de l’automédication, à savoir les médicaments achetés sans ordonnance, a progressé de 4,7% en 2012 en France pour atteindre 6% du chiffre d’affaires des officines, qui est par contre en léger recul à 35 milliards d’euros, a annoncé vendredi le cabinet IMS Health.

« L’automédication décolle » et « commence à rentrer dans la culture française », a estimé Pascal Voisin, directeur OTC chez IMS Health, lors d’une conférence de presse.

Le secteur de l’automédication « représente aujourd’hui, et encore plus demain, un véritable levier de croissance économique pour le pharmacien dans un contexte difficile », a souligné M. Voisin.

Le chiffre d’affaires de l’automédication s’établit à 2,08 milliards d’euros, en cumul sur un an à fin septembre 2012.

La progression du marché est pour partie liée à des déremboursements des spécialités mais repose aussi sur « une vraie dynamique » des différents secteurs de l’automédication, selon M. Voisin.

« L’automédication joue à son échelle » un rôle de « protection économique », alors que « l’officine est aujourd’hui dans une situation économique assez difficile: son chiffre d’affaires stagne depuis trois ans et la marge brute stagne », a confirmé Claude Le Pen, professeur d’économie à Paris Dauphine.

« L’officine fait face à un défi sans précédent avec un marché pharmaceutique en recul, des régulations plus strictes (…) et une concurrence accrue réelle de la parapharmacie », a rappelé M. Le Pen.

Les dépenses de médicaments sans ordonnance par habitant atteignent 76 euros en France, moins qu’en Belgique (78,8), mais davantage qu’en Allemagne (62,7) ou en Italie (35,7). Le prix moyen en France (4 euros) est inférieur à celui de ses voisins: 7,5 euros en Italie, 8,4 euros en Allemagne et 8,6 euros en Belgique.

Le leader du secteur de l’automédication en France est Sanofi avec 12% du marché, devant BMS-Upsa (7,3%), Boiron (6,4%), Johnson and Johnson (6,2%) et Bayer (5,6%), selon les chiffres de IMS Health.

En termes de marques, Doliprane (Sanofi) détient une part de marché de 4,3%, devant des marques ayant accès à la publicité grand public (Humex, Efferalgan, Oscilococcinnum, Strepsils).

Ce qui est intéressant dans cette dépêche, c’est qu’à nul moment on nous parle de la santé, mais uniquement du portefeuille du pharmacien !!!

L’automédication a été honnie des médecins pendant de nombreuses années, car nous ne pouvions pas nous soigner ainsi. Dans la ligne de mire : la phytothérapie, les huiles essentielles, l’homéopathie …. que des choses qui soignent sur le long terme et surtout n’entraînent pas d’effets secondaires pour le patient. Ils avaient tellement peur des bienfaits de la nature – qui a toujours démontré qu’elle possédait les moyens de soigner – qu’ils ont supprimé en France la formation d’herboriste en 1941.

Lisez l’article du Monde Herboriste, un métier interdit qui aspire à renaître
Le Monde.fr | 19.03.2012 à 12h01 • Mis à jour le 22.03.2012 à 09h34

En voici le contenu :
Au menu ce midi, à la ferme de Catherine Castille : salade sauvage et soupe d’ortie à l’ail des ours. L’ortie détoxifie et l’ail des ours, plante des sous-bois aux feuilles un brin satinées et au goût aillé, possède, entre autres vertus, d’être dépurifiante. Côté salade, c’est un cocktail de plantules qu’on aurait pu prendre pour des mauvaises herbes : de la rosette de lampsane, du lamier pourpre, de la bourse-à-pasteur, du pissenlit, des feuilles de primevères et de marguerites, de l’achillée millefeuille (qui arrête les hémmorragies), de la cardamine des prés au goût de cresson, une pulmonaire et de l’angélique pour la digestion, le tout saupoudré de violettes.

En fait, nul besoin de connaître ces goûts et propriétés pour composer sa salade sauvage, tranche Catherine Castille. « Si ces plantes ont poussé à cette saison, c’est que c’est le bon moment pour les manger. Le printemps, ce sont des végétaux qui nettoient. Le tout est de manger diversifié. »

La productrice de plantes médicinales officie dans une ferme à Saint-Julien-de-Jonzy, lovée entre des monts arrondis du sud de la Bourgogne. Sous ses yeux, tout prend sens, dans sa salade comme dans son jardin. « Si femme savait ce que vaut la mélisse, elle en mettrait tous les jours dans sa chemise », assure-t-elle en cueillant une feuille rondelette de cette plante apaisante, avant de passer au framboisier – « merveilleux pour réguler le cycle menstruel ».

Si Catherine Castille – qui se considère davantage comme « une paysanne » qu’une herboriste – peut cultiver, cueillir dans la nature, transformer et vendre ses plantes aux gens du coin ou à quelques patients envoyés par des médecins, elle tombe dans l’illégalité si elle s’avise de donner des conseils quant à leurs usages thérapeutiques. Car depuis 1941, en plein régime de Vichy, la profession d’herboriste a – chose rare – été abolie, et le diplôme supprimé.

Ceux qui s’étaient formés avant cette date – environ 4 500 personnes, selon l’Association pour le renouveau de l’herboristerie – ont pu aller au terme de leur carrière. Ils se sont aujourd’hui éteints. Ne reste aujourd’hui qu’une poignée d’herboristes, pharmaciens de formation.

LA QUERELLE DES HERBORISTES ET DES APOTHICAIRES

Derrière cette abolition se dissimule la querelle ancestrale entre apothicaires et herboristes. En d’autres termes, l’herboristerie a été interdite « sous la pression de l’ordre des pharmaciens » – qui détiennent désormais le monopole de la vente et du conseil en matière de plantes médicinales –, explique Jean-Luc Fichet, sénateur PS à l’origine d’une proposition de loi pour faire renaître, et en même temps encadrer, ce métier en voie de disparition.

« Le diplôme de pharmacien ne paraît pas adapté à la connaissance des plantes. S’il existe une formation dans le cursus, celle-ci est bien mince au regard du savoir qu’il est nécessaire d’acquérir dans ce domaine », indique le texte en préambule.

Sans surprise, la présidente de l’Ordre national des pharmaciens, Isabelle Adenot, a clairement fait part de son opposition à cette initiative (voir le dossier du journal de l’Ordre des pharmaciens de juin 2011 – PDF).

En pharmacie, on trouve généralement les plantes sous forme de compléments alimentaires – une filière en pleine expansion. « Inefficaces », lance Patrice de Bonneval, pharmacien et herboriste depuis quarante ans et fondateur de l’Ecole lyonnaise des plantes médicinales. « Prenez la prêle, une plante merveilleuse contre les rhumatismes. Les anciens disaient qu’il fallait en prendre 15 g par jour. Dans une gélule, il y a 0,2 grammes de poudre, dont la moitié est inerte. Ça ne peut pas marcher. » Sous-dosées, les gélules peuvent aussi être de qualité douteuse et souvent industrielles, assure Thierry Thévenin, du syndicat Simples – qui regroupe une centaine de producteurs-cueilleurs de plantes médicinales aromatiques, alimentaires et cosmétiques.

Bref, pour qui veut avoir accès aux plantes médicinales, les professionnels compétents font défaut, tout comme les produits efficaces et de qualité. Et plus de 80 % des plantes médicinales consommées en France sont importées. « La méfiance envers la molécule chimique grandit, et l’intérêt pour les plantes médicinales aussi », note le sénateur Fichet, qui prône donc de se « réapproprier cette filière ». Sa proposition de loi prévoit d’instaurer un diplôme reconnu pour les herboristes, afin qu’ils puissent enfin conseiller et « avoir pignon sur rue ».

UNE LIBÉRATION DE COURTE DURÉE

Mais ici, l’affaire se corse. Car après des années de concertation, en 2008, 148 plantes de la pharmacopée (PDF) ont été libérées dans le domaine public, et peuvent depuis « être vendues par des personnes autres que les pharmaciens, sous la forme que la liste précise ». Figurent dans cette liste des plantes parfois aussi communes que la menthe ou la lavande.

Cette liste, à en croire les herboristes, n’était déjà pas la panacée. « Le gui, par exemple, excellent pour la tension et utilisé par les druides, a été interdit parce que sa baie, qu’on n’utilise pas, est toxique. En revanche, la graine de l’aubépine, et non la plante, a été libérée, alors que seuls les compléments alimentaires l’utilisent. » La filière diététique avait en tout cas obtenu ce pis-aller qui, par rebonds, servait bon an mal an aux herboristes, cultivateurs ou épiciers.

Or, la proposition de loi sur l’herboristerie prévoit de sortir à nouveau ces plantes du domaine public, pour créer un double monopole : seuls les herboristes reconnus pourront vendre les 148 plantes, avec les pharmaciens qui, eux, ont accès aux quelque 339 plantes de la pharmacopée française. Enfin, les producteurs de plantes médicinales pourront encore vendre ces 148 plantes, mais toujours pas prodiguer de conseils à leur propos.

Le texte, en l’état, est critiqué dans le milieu des herboristes, qui souhaitent voir les 148 plantes maintenues dans le domaine public et avoir, eux, accès à toutes les plantes médicinales, comme c’est le cas dans d’autres pays européens.

Autre pierre d’achoppement : les experts de l’Afssaps (Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé) devraient désormais mettre leur nez dans les affaires des herboristes, qui ne lui accordent pas une confiance démesurée. « L’agence est financée à 80% par les laboratoires pharmaceutiques, et incompétente dans le domaine des plantes. Elle va nous entraîner vers une logique industrielle, craint Thierry Thévenin. Et remplir les conditions d’une autorisation de mise sur le marché comme pour les médicaments, c’est inapplicable pour un petit producteur. »

CLANDESTINITÉ

En attendant de s’accorder sur une nouvelle règlementation, et sur un juste équilibre entre l’encadrement de la profession et sa résurrection, l’herboristerie vivote dans une semi-clandestinité. Les centaines de personnes qui cherchent à se former chaque année dans ce domaine complexe suivent des formations non reconnues, comme à l’Ecole lyonnaise des plantes médicinales. On y assiste à des cours de diététique, d’aromathérapie, de physiologie ou encore de botanique. Car pour être herboriste, « il faut maîtriser toute la chaîne : cueillette et production, transformation, conseil, distribution », résume le fondateur de l’école, Patrice de Bonneval.

Ce samedi, ce sont Rita et George Renaud, un couple passionné de botanique et d’herbalisme, qui donne cours à une trentaine d’étudiants de tous âges. « Donner un nom aux plantes, c’est les faire exister dans le paysage », disent-ils. Avant d’embrayer sur les calices infundibuliformes, les campalunacées et les pinus sylvestris.

Côté herboristeries, on ne compte plus les procès qui viennent ébranler les dernières boutiques sur pied. L’herboristerie Cailleau, entreprise familiale renommée qui vendait en gros depuis le milieu du XIXe siècle, a été fermée par l’Afssaps l’année dernière. L’herboristerie bien connue du Palais-Royal, à Paris, est en procès ; celle de la place Clichy aussi – « On est attaqué par le Conseil de l’ordre des pharmaciens et par les douanes pour exercice illégal de la pharmacie, alors qu’on est tous pharmaciens », y explique-t-on.

L’herboristerie de Patrice de Bonneval à Lyon a elle-aussi connu son lot de tracas judiciaires, mais on continue à y prodiguer moults conseils. « Vous avez des palpitations ?, demande la vendeuse aux cheveux rouges et aux yeux verts… La grande régulatrice du cœur, c’est l’aubépine. Mais avez-vous aussi des troubles du sommeil ? On a une tisane parfaite pour vous, un mélange avec des calmantes – valériane, coqueliquot, passiflore, fleur d’oranger, marjolaine… Les plantes, c’est comme une équipe de foot, ça marche mieux quand elles s’associent. »

Le métier d’herboriste a été officiellement reconnu sous le règne de Philippe le Bel en 1312. Au XVe siècle, les épiceries et apothicaireries sont devenues des corporations reconnues.
Pourquoi le diplôme d’herboriste disparait en 1941 ? Nous sommes alors sous le gouvernement de Vichy et il semblerait que l’herboristerie a été interdite pour préserver le monopole des herboristes allemands. En raison du climat, la biodiversité des plantes est plus importante en France et les Allemands espéraient ainsi se réserver ce commerce.

Ce diplôme aurait tout à fait pu être rétabli après guerre, mais cette fois c’est l’industrie chimique qui s’est emparée du marché : elle seule pouvait nous soigner … avec les effets secondaires non maîtrisés mais bien réels et les dérives qui font la une des journaux !

Pourrions-nous dire d’eux qu’ils agissent en advertance ?

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A propos Armelle Cadiou

Formatrice, Consultante et Coach je dispense des formations en entreprise, voir le site www.egea-formation.eu. Mes thèmes favoris sont la communication assertive, le management et le commercial.
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