Dépistage de l’usage des drogues au travail

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Actuellement, seuls les postes exigeant une forte sécurité peuvent être soumis au dépistage.

Aujourd’hui, la Mildt (Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie) et le CCNE (Comité Consultatif National d’Ethique) réfléchissent à étendre l’usage des tests au milieu professionnel en associant drogues licites (alcool, psychotropes) et drogues illicites.

Pourquoi ce changement ? parce 10 à 20 % des accidents du travail déclarés seraient liés à la prise d’alcool selon le CCNE.

En 2006, Michel Niezborala, médecin du travail et épidémiologiste – auteur du livre Travailler sans dérouiller aux Editions Milan – , avait réalisé une étude montrant que
– 20 % des salariés ont recours à un médicament pour « être en forme au travail »
– 12 % en prennent sur le lieu de travail pour « traiter un symptôme gênant »
– 18% en utilisent pour « se détendre au cours d’une journée difficile ».

Mais aussi, parce qu’en raison de la mondialisation du travail, les entreprises qui travaillent à l’étranger doivent signer des contrats dans lesquels il est stipulé que le personnel doit être indemne de toute consommation d’alcool ou de drogue. S’il s’avérait que ces clauses ne sont pas respectées, le contrat serait perdu.

Si ces contrôles devenaient effectifs, ils devraient être insérés dans les règlements intérieurs et les contrats de travail et ils pourraient concerner tout poste exigeant une vigilance particulière. Cela sera donc du ressort des entreprises de définir les postes à risques.

Quelles sortes de tests peuvent être utilisés ?
pour l’alcool : éthylotest
pour les psychotropes : rien
pour les drogues : a priori seuls des tests salivaires peuvent être utilisés, car la salive n’a qu’une mémoire de 24 heures, contrairement aux prélèvements sanguins, urinaires et capillaires qui gardent la trace de consommations anciennes. De plus, l’avantage du test salivaire de dépistage est de détecter une drogue dès son absorption alors qu’un test urinaire de dépistage ne peut détecter une drogue qu’à partir de quelques heures après son absorption.

Qui les pratiquerait ?
Seul le médecin du travail serait habilité à le faire , ce qui semble une excellente garantie.
Ce qui semble beaucoup plus curieux, c’est que le CCNE précise que le résultat des tests ne devra pas être soumis à l’employeur en raison du secret médical.

Et là, brutalement, s’ouvre devant nous un boulevard de perplexité …

Pour être logique avec le but du test que devra faire le médecin ? déclarer l’employé en « incapacité de travail » ? mais cet employé n’est pas une machine, mais un être humain que les autres connaissent, un être humain qui a une hiérarchie, des relations aux travail, qui, elles, vont s’inquiéter et s’enquérir de son sort …

Si l’on comprend parfaitement la confidentialité des tests, on comprend aussi parfaitement que la personne à ce poste connait ses obligations et notamment l’importance d’assurer son poste lié à la sécurité avec le maximum « d’intégrité physique ».
Prenons l’exemple d’un conducteur de bus pour enfants : il n’a obtenu le poste que grâce -entre autres – à sa capacité à conduire sans mettre la vie d’autrui en danger
S’il modifie de lui-même sa capacité à conduire sans mettre la vie d’autrui en danger, est-ce que cela doit rester secret ?
En cas d’accident, l’entreprise ne serait pas incriminée ?

Chacun dans le cadre de son travail a des obligations.
Est-ce si insupportable à comprendre ?

Quand permettra-t-on aux gens d’être responsables de leurs actes ?
C’est le traitement ultérieur qui sera différent en raison des causes ayant incité à la prise de médicaments dangereux pour l’exercice de la profession.

Et s’il s’avérait que l’entreprise impose de telles conditions de travail, qu’il soit impossible d’y faire face sans substituts ? Et bien, c’est cela le libre-arbitre et la conscience. Se rendre compte que l’on est en train de déraper et avoir le courage de le dénoncer et d’agir.

Vivre avec advertance, c’est cela : être responsable de ses actes et de sa vie.

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A propos Armelle Cadiou

Formatrice, Consultante et Coach je dispense des formations en entreprise, voir le site www.egea-formation.eu. Mes thèmes favoris sont la communication assertive, le management et le commercial.
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